L’annonce par ETA le 10 décembre d’une trêve "permanente, générale et vérifiable au niveau international", accompagnée d’un "compromis de solution définitif et la fin de la confrontation armée", est accueillie avec sceptiscisme par la presse espagnole. A commencer par El País, qui, dans un éditorial, estime que la déclaration de trève serait "moins que le minimum" éxigé pour être crédible.
Contrairement à ce que demandaient en effet les forces politiques – la cessation de la violence unilatérale et inconditionnelle – le communiqué de l’organisation terroriste basque "ne contient pas d’indices permettant de penser qu’il s’agit d’un pas vers l’abandon définitif des armes". "Au contraire", note le quotidien madrilène : "le groupe continue à exiger un prix politique en échange d’un abandon, aux modalités assez floues, de la violence". ETA réclame l’autodetermination du Pays basque et l’inclusion dans ce dernier de la région limitrophe de la Navarre.
Sur la même longueur d’ondes, le quotidien basque El Correo fait part de son "soulagement" pour "les milliers de personnes ménacées, qui pourront à présent affronter les prochains jours plus tranquillement", tout en rappellant qu’"ETA a annoncé un cessez-le-feu, pas sa disparition". "Le problème, c’est que le communiqué n’est pas satisfaisant face à l’objectif d’une fin définitive de la menace terroriste " et qu'il est très loin des exigences fixées par la justice pour mettre un terme à l’interdiction des partis de la gauche abertzale (indépendentiste) – parmi lesquels Batasuna, la vitrine politique d’ETA.
Scepticisme également chez ABC, pour qui "ETA ressasse les arguments habituels", ceux-là même qui ont conduit le gouvernement espagnol à une "negotiation indigne" en 2005-2007, déplore le journal. Pour ABC, le geste d’ETA est ainsi qualifié de "simple maquillage" dans le but de permettre à la gauche abertzale de participer aux élections de mai prochain.
Público, de son côté, estime que les "revendications politiques" formulées par ETA comme "prix politique exigé par le groupe pour déposer les armes" sont superflues et regrette que dans le communiqué "il manque deux mots : définitif et irréversible".
Sorti vainqueur des élections du 6 mai, le chef de la coalition de la gauche radicale Syriza est l’astre montant de la politique grecque. A trois semaines des législatives du 17 juin, son programme, qui oscille entre pragmatisme et lutte des classes, inquiète de nombreuses capitales européennes.
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