Economie

Banques : L’UE met une limite aux bonus excessifs

28 février 2013
Presseurop
Financial Times, Le Temps

Les Etats membres de l'UE et le Parlement européen ont trouvé un accord, le 27 février, sur une série de régulations des banques portant notamment sur le sujet très controversé des bonus versés aux banquiers. Les primes ne devront plus excéder le double du salaire annuel de l’employé, explique le Financial Times. Ces règlementations, établies par le Comité de Bâle dans le cadre des accords Bâle III, augmentent également le montant de la trésorerie que les banques doivent conserver et prévoient un mécanisme de levier pour limiter les emprunts sur les bilans bancaires.

L’accord “arrive un peu tard, il est sans doute incomplet, ponctué d’édulcorant politique et douloureusement compliqué, même pour ceux qui l’ont négocié”, estime le Financial Times :

quand elle sera adoptée, cette loi élèvera sans aucun doute le système bancaire à un niveau de contrôle bien plus haut et rigoureux. [...] C’est le texte de régulation le plus important depuis 2008, une rupture évidente avec le fonctionnement en roue libre du passé et la première pierre pour une future union bancaire.

“Peu de lois européennes ont provoqué autant d’agitation, notamment en Grande-Bretagne”, poursuit le quotidien, évoquant la résistance farouche du Royaume-Uni à la limitation des bonus.

A Genève, Le Temps note que “cet accord représente un échec pour le gouvernement britannique qui s’est longtemps prononcé contre l’instauration d’un tel plafonnement pour ne pas froisser la City, qui fait travailler près de 700 000 personnes”.

Après avoir atteint un pic en 2008 à 13,30 milliards d’euros, le montant total des primes distribuées à Londres a fondu de plus de moitié à 5 milliards d’euros, selon les chiffres du Centre for Economics and Business Research. En 2013, il devrait avoisiner 1,7 milliard d’euros et devrait encore diminuer dans les années à venir.

Le quotidien suisse relativise la portée du geste de l’Union européenne en notant qu’ “il pourrait toutefois n’avoir qu’un impact limité sur la fiche de paie des intervenants financiers, à Londres notamment, où les salaires annuels approchent parfois 5,7 millions d’euros.”