Culture et idées Idées

Estonie : Pendant un mois, les citoyens prennent le pouvoir

8 janvier 2013
Presseurop
Postimees, Eesti Päevaleht

Les scandales politico-financiers qui ont secoué le pays à l’automne dernier ont poussé le président Toomas Henrik Ilves à convoquer une table ronde pour réunir les représentants des partis politiques, de la société civile ainsi que les leaders d’opinion.

A l’issue de la réunion, il a été décidé de donner aux citoyens la possibilité de participer pendant trois mois — de janvier à mars 2013 — à l’élaboration d’une nouvelle réglementation de la vie politique, en les faisant intervenir directement dans le processus législatif.

Depuis le 7 janvier, le site Rahvakogu.ee (“Assemblée des citoyens”) est donc actif. Il permet aux internautes de se familiariser avec la réglementation électorale et des partis existante et de proposer des amendements.

“On n’a pas besoin d’être politologue ou juriste pour cela. Les textes sont présentés de la façon la plus simple possible”, explique ainsi le quotidien Postimees. Les propositions peuvent être envoyées jusqu’à la fin janvier dans cinq domaines liés au fonctionnement, au travail et au financement des partis politiques, ainsi qu’au domaine électoral. “Le sens de cette initiative est de dire qu’aucun homme tout seul n’est aussi intelligent qu’un peuple dans son ensemble”, explique au quotidien Urmo Kübar, directeur de l’Union des associations indépendantes.

Fin janvier, un groupe d’experts entamera un travail de réflexion sur les idées qui ressortent. En mars, une ou plusieurs journées de discussions, auxquelles environ 500 Estoniens – représentants de différentes catégories sociales – devront être invités à participer, seront organisées. Les résultats de ces débats seront à l’ordre du jour du gouvernement estonien.

Face à cette initiative, Eesti Päevaleht est plutôt dubitatif :

Beaucoup de gens ont une attitude sceptique à l’égard de cette nouvelle institution. Dans le passé, plusieurs tentatives de créer un lien permanent entre les citoyens et le pouvoir politique – comme TOM [Täna otsustan mina, “c’est moi qui décide aujourd’hui”] lancée en 2001 – n’avaient pas marché.

Or selon le quotidien,

à la différence de TOM, qui a été remplacé depuis par Osale.ee [“Participe”], l’Assemblée des citoyens se focalise sur un seul sujet et donne de ce fait l’espoir qu’il ne demeurera pas juste un lieu où se défouler.