Economie Euro

Irlande : Il faut serrer les cordons de la bourse

6 décembre 2012
Presseurop
Irish Independent, The Irish Times

Irish Independent, 6 décembre 2012

On n'a plus rien à donner”, du jamais vu depuis le début de la récession, titre The Irish Independent pour décrire la nouvelle loi de finances qui, par des mesures d’austérité, espère réduire ses dépenses de 3,5 milliards d’euros. Ces économies seront issues d’une hausse de la taxe foncière, de l’impôt sur le revenu et des taxes sur l’alcool, associée à la réduction de plusieurs allocations qui concernent notamment les parents, les retraités et les chômeurs. L’Irlande doit réduire son déficit pour continuer à recevoir les fonds de sauvetage de l’UE et du FMI. Le Vice-Premier ministre irlandais, Eamon Gilmore, a promis que le budget serait équitable et que “les plus riches paieraient le plus”, ce à quoi Johnny Fallon, chroniqueur pour The Irish Independent, a répondu que le projet n’a rien de juste :

Il existe un certain nombre d’éléments digne de vandalisme qui sont difficiles à justifier par ceux qui parlent d’un budget équitable. La loi de finances pour 2013 apportera son lot de nouvelles épreuves parce que le gouvernement n’a pas été capable de jouer son rôle auparavant. La réalité ? Au moins une partie des mesures prises n’ont aucun sens et l’UE se préoccupe uniquement du long terme et des effets sur les autres pays, sans prêter attention à ce qui se passe pendant ce temps sur le terrain. L’Irlande attendra. Au vu d’un budget si sauvage, dont l’objectif est de sacrifier les familles ordinaires sur l’autel d’un modèle socio-économique que personne n’est persuadé d’apprécier ou de vraiment vouloir, il est temps de dire stop.

Dans The Irish Times, Stephen Collins ajoute que le budget trouve un équilibre prudent et convient à la fois au parti travailliste et au Fine Gael, les deux partis de la coalition, mais il note que la nouvelle taxe foncière va probablement poser des difficultés à l’avenir :

Cet impôt restera un fardeau considérable et renforcera le ressentiment d’un électorat d’ors et déjà en difficulté.