Politique La vie des 28

Espace Schengen : La Bulgarie pourrait griller la politesse à la Roumanie

3 septembre 2012
Presseurop
Standart, Le Monde, România liberă

La Bulgarie va-t-elle faire son entrée dans l’espace Schengen sans la Roumanie, alors que le dossier des deux pays a toujours été lié depuis leur adhésion à l’UE en 2007 ? La question se pose après les récentes déclarations de deux responsables de la Commission européenne.

"Vous êtes prêts pour Schengen", résume  le quotidien populaire bulgare Standart après la visite à Sofia du président de la Commission européenne, le 31 août. José Manuel Barroso a déclaré que “le problème de l’adhésion de la Bulgarie à l’espace Schengen devrait être tranché en faveur des voisins situés au sud [de la Roumanie], car eux remplissent les critères”, laissant entendre que la Bulgarie pourrait prochainement faire partie de l’espace européen de libre circulation. Le quotidien Monitor explique que

la question de l'adhésion bulgare à Schengen va être de nouveau examinée lors du conseil des ministres de la Justice et de l'Intérieur, à Bruxelles les 20 et 21 septembre. Selon des experts bulgares, Sofia recevra le feu vert à son adhésion et cela malgré les critiques grandissantes envers la Roumanie. Il y a un mois, l'ambassadeur des Pays Bas à Sofia, Karel Van Kesteren, s'est engagé à ce que son pays ne fasse plus obstruction à l'entrée de la Bulgarie dans Schengen.

Cette hypothèse parait d’autant plus probable que dans un entretien au Monde, la commissaire  à la Justice, aux Droits fondamentaux et à la Citoyenneté, Viviane Reding, a estimé que “la question essentielle est de savoir si l'Etat de droit roumain peut nous rendre confiants. […] Pour ma part, je ne serais pas surprise si les Etats décidaient de ne pas y intégrer tout de suite la Roumanie”. Pour le quotidien roumain România liberă, il est évident que

Barroso a transmis, en clair, le signal du découplement des deux Etats, tandis que Viviane Reding a juste explicité la chose. La Roumanie a perdu toute chance d’adhérer dans un délai prévisible à l’espace Schengen, après les attaques de la coalition de centre-gauche au pouvoir contre l’Etat de droit. Cet échec majeur du gouvernement de Victor Ponta va surtout affecter les citoyens ordinaires et la libre circulation de la main d’oeuvre roumaine. [La Roumanie] reste suspendue dans un no man’s land sans calendrier et sans aucune perspective. Adieu Schengen pour la Roumanie …