José Ignacio Torreblanca
Spécialiste des affaires européennes, José Ignacio Torreblanca est professeur de sciences politiques à l´UNED, Université nationale d'enseignement à distance (en Espagne). Il anime un blog de débat et d'analyse sur l'Europe et collabore régulièrement à El País. Il est aussi directeur du bureau espagnol du Conseil européen des relations étrangères.
Actualisé : 11 mai 2012
Discipline et coupes budgétaires : le remède prescrit à la zone euro depuis le début de la crise ne fait plus l’unanimité, y compris parmi ceux qui l’appliquent. Malheureusement, les électeurs ne peuvent pas trancher ce débat entre responsables non élus, au premier rang desquels figure le commissaire européen aux Affaire budgétaires.
Les derniers chiffres de l’Eurobaromètre illustrent ce que les résultats électoraux disent les uns après les autres : frappés par la crise, les Européens n’ont plus confiance en l’UE. Après avoir sauvé l’euro, il faut sauver la légitimité de l’UE et si possible, avant les élections de 2014.
2012 s’annonçait extrêmement périlleuse pour la zone euro et l’ensemble de l’UE. Le pire n’est pas arrivé, notamment parce qu’Angela Merkel a lâché du lest, ce qui a permis à Mario Draghi, le président de la BCE, d’intervenir. En 2013, les Européens devront rester vigilants.
L’attribution du Nobel de la Paix à l’UE a laissé beaucoup de monde perplexe. Pourtant, note le politologue José Ignacio Torreblanca, un voyage sur les vestiges de la longue “guerre civile européenne” commencée au XIXème siècle devrait suffire à la justifier.
Les difficultés économiques de la Grèce, de l’Espagne et de l’Italie, ou les complexités du processus décisionnel en Allemagne, ont attiré l'attention ces derniers temps. Mais s’il y a bien un pays qui demeure crucial pour l'avenir de l’Europe, et où le débat sur l'UE peut être ravivé, c’est la France de François Hollande.
La crise économique, puis celle du système bancaire, ont plongé l’Espagne dans une situation d’urgence. Mais ses problèmes, tout comme ceux de l’Europe, ont les mêmes origines : la domination des intérêts nationaux et des particularismes. La solution ? De nouvelles institutions bâties à coups de volontarisme politique.
La crise politique à Athènes réveille le scénario de la sortie de la Grèce de la zone euro. Une hypothèse d'autant plus dangereuse aujourd'hui que l'Espagne est à son tour affaiblie. Les conséquences d'une telle issue seraient non seulement économiques, mais aussi géopolitiques.
Malgré ses conséquences sociales et politiques, la Bundesbank et le gouvernement d’Angela Merkel continuent de prôner la rigueur appliquée depuis deux ans en Europe. Il est temps d’arrêter les dégats, s’insurge le politologue espagnol José Ignacio Torreblanca.
Les Américains s’inspirent du dieu de la guerre, les Européens de la déesse de l’amour, assurait l’Américain Robert Kagan en 2002. Mais après l’Irak, l’Afghanistan et la crise européenne, cette thèse controversée révèle un étonnant renversement des perspectives.
Après la terrible année 2011, le pire reste possible, prévient le politologue José Ignacio Torreblanca. La crise pourrait obliger les Vingt-Sept à choisir entre la Grèce et le Royaume-Uni. Et encore une fois, c’est à Berlin que tout se décidera.
Le Parti populaire de Mariano Rajoy devrait aisément emporter les législatives anticipées du 20 novembre et poursuivre une politique d'austérité. Mais si l’Allemagne n'assume pas ses responsabilités européennes, le nouveau gouvernement sera impuissant à résoudre la crise que traverse le pays.
Après les manifestations en Grèce et le mouvement des Indignés espagnols, la contestation populaire s'est étendue à travers l'Europe et a traversé l’Atlantique avec Occupy Wall Street. Directe ou représentative, c’est l’idée même de démocratie qui est remise en question, estime José Ignacio Torreblanca.
Contrairement à l’Union européenne, en plein marasme économique et politique, c’est un pays sûr de lui et en plein essor économique qui se rend aux urnes le 12 juin. Une puissance émergente érigée en modèle par les démocraties moyen-orientales naissantes et que l'UE n'a pas su garder dans son giron.
Alors que la crise libyenne se déroule aux portes de l’Europe, le Haut réprésentant pour la politique extérieure de l’UE est totalement absent de la scène. C’est à se demander si son poste a encore un sens, écrit l’analyste José Ignacio Torreblanca.
Dans les situations importantes, toutes les grandes puissances ont une doctrine diplomatique claire, qu'elles appliquent selon leurs intérêts. Face aux révolutions arabes, il serait temps que l'Europe en trouve une, estime l'éditorialiste José Ignacio Torreblanca.
Face à la répression en Tunisie, l’UE devrait appliquer la même politique de "sanctions intelligentes" qui, en 2006, avaient partiellement fait fléchir le régime biélorusse d’Alexandre Loukachenko, estime l’analyste José Ignacio Torreblanca.
Les six mois passés à la tête de l’Union auront été éprouvants pour le gouvernement espagnol. La crise économique, la mise en place du traité de Lisbonne et le manque de vision stratégique de l’UE ont brouillé son action. Une situation qui marque l’essoufflement du système de présidence tournante.
Le projet d'organisation du "Service européen d’action extérieure" récemment présenté par Catherine Ashton suffira-t-il a propulser l'Union au rang de puissance internationale auquel elle prétend ? Rien n'est moins sur, au vu de la taille de cette administration, de la réticence des Etats à lui céder leurs prérogatives et de la bataille institutionnelle autour de ses pouvoirs.
Haïti représente un premier test pour l'Union européenne post - traité de Lisbonne. Les nouvelles institutions en charge de la politique extérieure sauront-elles réagir efficacement face une telle catastrophe ?
A la conférence de Copenhague, la souveraineté des Etats a été le principal obstacle à un accord sur le climat. La solution, assure le politologue José Ignacio Torreblanca, est de suivre l’exemple de l’UE dans deux domaines : les technologies et les institutions.
Réélu après d’habiles manœuvres, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, doit maintenant démontrer qu’il peut faire preuve de vision au service de l’Union. Cohésion interne, élargissement et politique de voisinage doivent être les axes de son action, estime le politologue José Ignacio Torreblanca.
Depuis le début de la crise, les gouvernements nationaux ignorent les recommandations de Bruxelles et court-circuitent son action en matière économique. Pourtant, l'Union et la monnaie unique ont sauvé certains pays membres de la faillite. Pour El País, l'Europe se porterait mieux si les gouvernements agissaient de manière moins unilatérale.