Claudi Pérez
Claudi Pérez est un journaliste espagnol né en 1972, diplômé en sciences économiques et journalisme. Il a travaillé pour le quotidien El Periódico de Catalunya et le quotidien économique Expansión, avant d’intégrer El País, dont il est actuellement le correspondant à Bruxelles.
Actualisé : 28 juin 2012
La Commission multiplie depuis des années les recommandations aux Etats membres sur les réformes économiques à mener. Mais les capitales obéissent plus volontiers aux pressions des marchés ou aux dispositions des plans de sauvetage, sapant ainsi l’autorité et la crédibilité de l’exécutif européen.
La région la plus riche, mais la plus endettée, du royaume revendique le droit de moins payer pour un Etat criblé de dettes, et agite le spectre de son indépendance. A Bruxelles, cette réplique réduite des problèmes de la zone euro est observée avec inquiétude et scepticisme.
En proposant un contrôle accru des budgets nationaux et des banques, les dirigeants des institutions de l’UE relèvent le défi fédéraliste lancé par l’Allemagne. Mais cette solution pourrait sucsciter la résistance de certains Etats sans atténuer les attaques des marchés.
Les assurances du chef du gouvernement n’y peuvent pas grand-chose : victime d’une grave crise bancaire, Madrid sera bientôt obligée de demander de l’aide à l’UE. Tout comme l’Irlande, elle sera dès lors placée sous perfusion — et sous tutelle.
Laisser la Grèce sortir de l’Euro ? Sauver les banques espagnoles ? Continuer à miser sur l’austérité ou donner sa chance à la croissance ? Autant de questions auxquelles les dirigeants de la zone euro sont sommés de répondre lors du sommet extraordinaire qu’ils ont convoqué ce 23 mai, s’ils veulent que les Européens fassent encore confiance au projet commun.
Dans les années fastes du "miracle économique", l’image de l’Espagne était excessivement étincelante. Aujourd’hui, les attaques des marchés sur la dette espagnole l'ont ternie bien plus qu’elle ne le méritait, estime El País.
Après la Grèce et le Portugal, l’Espagne a vu sa note abaissée par l’agence Standard & Poor’s, le 28 avril. La dynamique négative semble de moins en moins contrôlable, s’inquiète El País.