UE et monde

Etats-Unis – UE : Obama-Europe, même combat

9 novembre 2012
Le Soir Bruxelles

Le président fraîchement réélu et ses homologues européens font face au même défi, estime l’éditorialiste en chef du Soir : prouver qu’une société tolérante et solidaire est toujours possible.

Les Américains ont (re)choisi mardi un président qui leur propose une société tolérante et solidaire. Cette société dont les Européens ont fait leur modèle depuis des décennies, et dont ils revendiquent la paternité. Aujourd’hui, par un curieux concours de l’histoire, les deux camps doivent livrer le même combat et relever le même défi : prouver que ce projet de société est réaliste, et toujours jouable.

Le président américain devra se battre pour imposer cette solidarité à une grande partie de la société américaine, qui ne veut pas d’un filet de sécurité institutionnalisé pour tous et qui préfère les gratifications au mérite. Les Européens, eux, doivent se démener, pour conserver leur système de sécurité sociale pour tous, dont on rabote les modalités, pays par pays.

Obama et les leaders européens ont tout intérêt à unir leurs forces et leurs réflexions pour trouver une manière de préserver leur projet politique : cette société solidaire où, comme le dit Obama, chacun a sa chance, peu importe qu’il soit riche ou pauvre, Noir ou Blanc, malade ou bien portant, homo ou hétéro.

Leurs ennemis sont identiques : des déficits budgétaires abyssaux, une crise économique profonde et structurelle, la “romneysation” de nos sociétés.

L’individualisme, nourri par la crise économique, vit désormais de la même manière des deux côtés de l’Atlantique, poussant au tri dans l’attribution des “avantages” sociaux, entre ceux qui les méritent (les travailleurs) et les autres (les “assistés”).

Quelle solidarité ? A-t-on les moyens de cette générosité ? Comment la moduler sinon, pour la rendre payable ? Qui, des Obama ou des Romney européens, va gagner la partie ? Et peut-on croire, comme le proclamait Obama, qu’il est encore possible de conclure des compromis nécessaires pour que la société aille de l’avant, sans être aveuglés par l’optimisme ? C’est le très difficile dilemme du moment. La bonne nouvelle depuis mardi, c’est que les Européens ne sont plus seuls à y croire encore et à devoir trouver une solution.

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