Economie Euro

Grèce : Le naufrage a été évité

9 mars 2012
To Ethnos Athènes

Le Premier ministre grec Lucas Papadémos a obtenu un sursis.

Le Premier ministre grec Lucas Papadémos a obtenu un sursis.

En convaincant entre 85 et 95% de ses créanciers privés d’abandonner une partie de la dette qu’ils détenaient, le gouvernement grec a enfin accompli ce que l’on attendait de lui. Mais il lui faut maintenant donner un sens aux sacrifices de la population.

La procédure d'échange des obligations des créanciers privés de la Grèce est terminée [ils ont accepté de céder leurs titres de la dette actuels et d’en acheter de nouveaux à 50% de leur valeur]. Et elle a été une belle réussite. La plus grande décote jamais réalisée dans le monde, de par sa nature, a donc été un succès qui apporte un démenti à tous ceux qui considéraient que cet objectif était très difficile, voire impossible, à atteindre.

Maintenant, il ne reste qu'une étape pour achever d’appliquer l'accord du 26 octobre dernier et avoir l'assurance des conditions nous permettant d'avoir plus de chances de sortir de la crise. Cet aboutissement signifie beaucoup de choses. Mais par-dessus tout, c'est la confirmation que notre pays commence à regagner sa crédibilité perdue. Sur cette lancée, nous devons passer à la prochaine phase de nos efforts, pour prouver que nous sommes bien décidés à ne pas rater la dernière chance qui nous a été donnée.

Chances de réussite

Si les expériences positives et négatives de ce que nous avons vécu ces deux dernières années sont bien valorisées, les chances de réussites seront d'autant plus grandes. Il faudra à tout prix éviter les décalages et les retards qui ont marqué la manière dont nous avons tenu nos engagements jusqu'à présent, et assurer la gouvernance du pays par Lucas Papademos. Dans son action, le prochain gouvernement, quel qu'il soit [des élections pourraient avoir lieu en avril], devra prendre modèle sur ce qui s’est fait ces trois derniers mois.

C'est la première fois peut-être que notre gouvernement a réussi à accomplir pleinement la tâche qui lui a été confiée. Et c'était loin d'être simple. Maintenant, les gouvernements vont devoir prouver que les sacrifices que le peuple grec a fait depuis deux ans, et tous ceux qu'il sera amené à faire, n'ont pas étés et ne seront pas vains. Et prouver que l'aide qui nous sera attribuée, et la confiance que nous accordent nos partenaires et nos créanciers sont pleinement justifiées.